COMPTE-RENDU D’OUVRAGE

Jean ESPONDE

Atelier de l’agneau Editeur, S.L., 2015, 87 pages

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L’auteur de cet ouvrage est un philosophe, écrivain et voyageur qui a déjà publié plusieurs ouvrages en prose ou en poésie.

La Crète d’Ariane et Minos est constitué de cinq chapitres, déroulement du voyage de l’auteur vers la Crète. Les chapitres : compagnonnages, Minos et Homère, Knossos, Ariane et Plutarque, Phaestos, sont ponctués par des reproductions iconographiques d’objets de l’époque minoenne, provenant des fouilles, et de photos prises sur les sites visités. Prose et poésie équilibrent l’ensemble du texte. L’évocation d’Éphèse et d’Héraclite sert de propos et de mise en perspective chronologique avec la civilisation minoenne dès la première ligne de l’ouvrage.

L’auteur visite l’île à une époque inhabituelle, l’hiver. Il débarque dans la plus grande ville contemporaine d’Héraklion, décrite comme modeste mais attentive et respectueuse du passé prestigieux. La crise que connaît la Grèce y est, ici, vécue dans la dignité.   Un contraste du vécu de ce temps avec la douceur de vivre, la légèreté qui caractérisent la civilisation crétoise d’il y a 3600 ans. Jean Esponde utilise la forme littéraire du dialogue dans deux chapitres, Minos et Homère et Ariane et Plutarque dans lesquels les locuteurs/récepteurs vivent à des époques séparées par plusieurs siècles, le but étant de remettre en mémoire l’histoire de la Crète et de la Grèce.

Dans le chapitre qui met en scène Minos et Homère, le dialogue se conclut par une citation de Bachofen pour mettre l’accent sur le fonctionnement social minoen, référence symbolique à la déesse-mère. Le second dialogue entre Ariane et Plutarque permet à des citations d’enrichir le message : Nietzsche, Héraclite, Hérodote, Hésiode, Thucydide. C’est, enfin, en visitant Phaestos (et Aghia Triada), dernier chapitre, que l’auteur renvoie à la force du geste d’Héraclite, après que lui, l’homme du siècle, ait été accueilli humblement mais convenablement dans une masure où le gîte précaire et le couvert frugal le sauvent d’une nuit froide à la belle étoile en ce mois de décembre crétois.

On peut vivre de peu de choses, sans luxe mais dans la fraternité et la concorde semble être le message que souhaite faire passer le philosophe à l’instar d’Héraclite d’Éphèse buvant le sycéon devant l’Assemblée.

La maison d’édition Atelier de l’agneau[1] a vu le jour en Belgique avant de s’installer dans le Sud-Ouest en 1996, à Saint-Quentin-de-Caplong en Gironde. Jean Esponde y est répertorié parmi les auteurs de poésie. On le retrouve en référence dans le catalogue collectif du Système Universitaire de Documentation (SUDOC) dans lequel ont été mutualisés les documents possédés par les bibliothèques universitaires et les établissements d’enseignement supérieur français.

Jeannine Giudicelli, docteur en études néo-helléniques

 

[1]   https://fr.wikipedia.org/wiki/Atelier_de_l%27agneau

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